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| Par | 19 mai 2017

Médecin de campagne cherche successeur

Le bon docteur Devrand de Broons, Côtes d’Armor, 64 ans, a même tenté un « généraliste dating » à Rennes. Mais les jeunes préfèrent les villes. Ravages de la désertification.

A 64 ans, le Docteur Devrand est un médecin généraliste qui exerce dans une petite ville de la Bretagne, à mi chemin entre Rennes et Saint-Brieuc. Il y a seulement quelques années, dans sa maison médicale, ils étaient encore cinq médecins pour soigner la population locale. Après des départs successifs, ils ne sont plus que deux, proches de la retraite. Dès 8h15 le matin, le docteur est sur le pont pour soigner ses patients jusqu’à 19h ou 20h le soir. Combatif, énergique, il espère trouver un successeur dans les deux années qui arrivent.

 

"Je n’ai pas envie de baisser les bras, je me donne encore deux à trois ans pour me sortir de la situation qui est difficile, si j’échoue, je me dirai tout de même que j’aurai essayé, et je pense que ça va marcher, ça va le faire !"

De jeunes médecins viennent collaborer pendant 6 mois ou une année : ils louent un bureau du cabinet, une solution transitoire pour épauler les docteurs titulaires, mais pour l’instant pas d’installation définitive. Les jeunes confrères peinent à se projeter dans ce territoire semi-rural : pas tout à fait la rase campagne, et il faut rouler au moins 45 minutes pour être aux portes de Rennes. A 30 ans passés, ces jeunes médecins aspirent à une vie équilibrée : investis dans leur travail de généraliste certes, mais ne surtout pas s’oublier, ne pas se sacrifier, ne pas vivre pour son travail. Mais travailler pour vivre pleinement sa vie.

 

Sentiment d'inégalité

 

Des générations différentes. Des visions différentes. Un « vieux » médecin de campagne comme il s’aime à se décrire. Et de jeunes confrères qui comptent bien révolutionner les méthodes de travail. En attendant, dans ces communes semi-rurales, la population vieillit, et les besoins restent toujours les mêmes. Reste un sentiment grandissant d’inégalité avec le monde des villes : dans ces campagnes, s’habituer (ou pas) à faire des kilomètres pour être soignés. Faire avec (ou sans) les délais de rendez-vous qui s’allongent. Pas de solution miracle. En attendant, cette France périphérique exprime de plus en plus un sentiment de déclassement et de relégation, comme le dit bien le docteur Devrand.

 

 

« C’est un métier spécifique, on vit dans une monde ou il y a les médecins des villes et les médecins des champs, comme chez la Fontaine, on a des rats des villes et des rats des champs ! On n’est pas tous égaux face à la santé en France, dans une grande ville, il y a SOS médecins, si vous êtes malade, il va venir, quand vous êtes à la campagne, personne ne viendra quand la grand-mère qui est au fond de son lit a 40 de fièvre... »

En Bretagne, sachez que nous sommes aussi allés nous gratter au CHU de Brest.

 

Production, montage et réalisation: Thibault Mougin. Mix : I'n'I

EPISODE

Médecin de campagne cherche successeur

21’00
| Par | 19 mai 2017

Le bon docteur Devrand de Broons, Côtes d’Armor, 64 ans, a même tenté un « généraliste dating » à Rennes. Mais les jeunes préfèrent les villes. Ravages de la désertification.

A 64 ans, le Docteur Devrand est un médecin généraliste qui exerce dans une petite ville de la Bretagne, à mi chemin entre Rennes et Saint-Brieuc. Il y a seulement quelques années, dans sa maison médicale, ils étaient encore cinq médecins pour soigner la population locale. Après des départs successifs, ils ne sont plus que deux, proches de la retraite. Dès 8h15 le matin, le docteur est sur le pont pour soigner ses patients jusqu’à 19h ou 20h le soir. Combatif, énergique, il espère trouver un successeur dans les deux années qui arrivent.

 

"Je n’ai pas envie de baisser les bras, je me donne encore deux à trois ans pour me sortir de la situation qui est difficile, si j’échoue, je me dirai tout de même que j’aurai essayé, et je pense que ça va marcher, ça va le faire !"

De jeunes médecins viennent collaborer pendant 6 mois ou une année : ils louent un bureau du cabinet, une solution transitoire pour épauler les docteurs titulaires, mais pour l’instant pas d’installation définitive. Les jeunes confrères peinent à se projeter dans ce territoire semi-rural : pas tout à fait la rase campagne, et il faut rouler au moins 45 minutes pour être aux portes de Rennes. A 30 ans passés, ces jeunes médecins aspirent à une vie équilibrée : investis dans leur travail de généraliste certes, mais ne surtout pas s’oublier, ne pas se sacrifier, ne pas vivre pour son travail. Mais travailler pour vivre pleinement sa vie.

 

Sentiment d'inégalité

 

Des générations différentes. Des visions différentes. Un « vieux » médecin de campagne comme il s’aime à se décrire. Et de jeunes confrères qui comptent bien révolutionner les méthodes de travail. En attendant, dans ces communes semi-rurales, la population vieillit, et les besoins restent toujours les mêmes. Reste un sentiment grandissant d’inégalité avec le monde des villes : dans ces campagnes, s’habituer (ou pas) à faire des kilomètres pour être soignés. Faire avec (ou sans) les délais de rendez-vous qui s’allongent. Pas de solution miracle. En attendant, cette France périphérique exprime de plus en plus un sentiment de déclassement et de relégation, comme le dit bien le docteur Devrand.

 

 

« C’est un métier spécifique, on vit dans une monde ou il y a les médecins des villes et les médecins des champs, comme chez la Fontaine, on a des rats des villes et des rats des champs ! On n’est pas tous égaux face à la santé en France, dans une grande ville, il y a SOS médecins, si vous êtes malade, il va venir, quand vous êtes à la campagne, personne ne viendra quand la grand-mère qui est au fond de son lit a 40 de fièvre... »

En Bretagne, sachez que nous sommes aussi allés nous gratter au CHU de Brest.

 

Production, montage et réalisation: Thibault Mougin. Mix : I'n'I

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